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Comment gérer un enfant « petit mangeur » ?

  • Photo du rédacteur: Manger et Grandir
    Manger et Grandir
  • il y a 12 heures
  • 3 min de lecture

Conseils concrets pour apaiser les repas et les difficultés alimentaires


Le repas devrait être un moment de partage et de plaisir. Pourtant, lorsqu’un enfant petit mangeur refuse de manger ou semble n’avoir « jamais faim », les repas deviennent vite source d’angoisse pour les parents.

La peur qu’il manque de nutriments pousse souvent à forcer, négocier ou compenser, ce qui entretient un cercle vicieux :

👉 plus on insiste, plus l’enfant se braque,

👉 plus il se ferme, moins il mange.


Alors comment dédramatiser les repas, comprendre les difficultés alimentaires de l’enfant et retrouver une ambiance sereine à table ?


I. Comprendre l’enfant petit mangeur : dans la majorité des cas, c’est normal


La néophobie alimentaire : une étape clé du développement


La néophobie alimentaire est la cause la plus fréquente d’une restriction soudaine du répertoire alimentaire chez l’enfant. Elle transforme parfois un enfant « qui mangeait de tout » en petit mangeur sélectif.

La néophobie alimentaire correspond à une peur des aliments nouveaux. C’est un phénomène :

  • normal et universel

  • qui touche jusqu’à 75 % des enfants

  • sans lien avec une carence ou une mauvaise éducation alimentaire

Elle apparaît le plus souvent :

  • entre 18 mois et 2 ans, après une diversification alimentaire pourtant bien installée

  • et peut persister, à des degrés variables, jusqu’à 6 ans, parfois plus

👉 Ce comportement ne signifie pas que votre enfant « mange mal », mais qu’il traverse une phase normale de son développement.

L’autorégulation : l’instinct alimentaire de l’enfant

Un enfant en bonne santé sait réguler spontanément ses apports en fonction de ses besoins énergétiques. Il peut manger très peu à un repas puis se rattraper au repas suivant ou le lendemain

👉 Se focaliser sur un repas isolé fausse totalement l’analyse de l’alimentation d’un enfant petit mangeur.

Petit estomac, besoins concentrés

Le volume de l’estomac d’un jeune enfant est faible. Cela explique pourquoi :

  • il mange peu en quantité

  • mais peut parfaitement couvrir ses besoins nutritionnels


L’objectif n’est donc pas qu’il mange beaucoup, mais que chaque bouchée soit riche sur le plan nutritionnel : bonnes graisses, protéines, fer, aliments bruts et peu transformés.

👉 La qualité prime toujours sur la quantité, surtout chez un enfant avec des difficultés alimentaires.

II. Les 5 règles d’or pour apaiser les repas avec un enfant petit mangeur


Arrêter immédiatement le forcing et la négociation

👉 C’est la règle la plus difficile… et la plus efficace.

Rôle du parent

  • proposer des repas équilibrés

  • à heures régulières

  • avec des aliments variés


Rôle de l’enfant

  • décider s’il mange

  • et quelle quantité il mange


✔️ Si l’enfant refuse le repas, on retire l’assiette calmement

❌ sans commentaire négatif

❌ sans promesse de dessert ou d’aliment de remplacement

Le repas est simplement terminé.


Installer un cadre alimentaire clair et régulier

La structure sécurise énormément les enfants, surtout ceux en difficulté alimentaire.

  • horaires fixes pour les repas et collations

  • 2 à 3 heures sans manger entre deux prises

  • pas de grignotage (lait, compote, biscuits…)


⚠️ Même un petit encas coupe l’appétit d’un enfant petit mangeur.

Limitez aussi :

  • les boissons juste avant le repas

  • les grandes quantités d’eau pendant le repas


Ne pas compenser après un refus

Si un enfant refuse de manger :

  • ❌ pas de biberon

  • ❌ pas double yaourt

  • ❌ pas de collation « de secours »


👉 Ce n’est pas de la privation, mais un apprentissage :on mange au moment du repas, pas après.

Un enfant qui a faim mangera avec plus d’appétit au repas suivant.


Rendre l’enfant acteur du repas

Un enfant impliqué est un enfant plus ouvert.

Idées simples :

  • choisir son assiette

  • participer à mettre la table

  • laver les légumes

  • mélanger, goûter, sentir

Le repas en famille est aussi fondamental :les enfants apprennent en observant. L’imitation est un puissant moteur alimentaire.


⚠️ Évitez les écrans à table : télévision, téléphone, tablette.Le repas doit rester un temps d’échange et de connexion.


Servir de très petites quantités

Une assiette trop remplie peut suffire à bloquer un enfant petit mangeur.

👉 Servez volontairement des portions minuscules :

  • 2 pâtes

  • 3 rondelles de carotte

  • un petit morceau de viande ou de poisson

Laissez l’enfant demander du rab. Finir son assiette et réclamer encore est extrêmement valorisant pour lui.



Conclusion : regarder la semaine, pas le repas

Avec un enfant petit mangeur, il est essentiel de :

  • ne pas analyser chaque repas

  • ne pas comparer avec d’autres enfants

Observez plutôt :

  • son alimentation sur une semaine entière

  • son énergie

  • son humeur

  • sa courbe de croissance


👉 Un enfant actif, éveillé, heureux et qui grandit régulièrement mange ce dont il a besoin.

L’objectif n’est pas de « faire manger plus »,mais d’aider l’enfant à :

  • écouter ses sensations

  • développer une relation sereine avec la nourriture

  • sortir progressivement de ses difficultés alimentaires.


Si vous avez le moindre doute n'hésitez pas à prendre rdv avec une diététicienne pédiatrique sur notre site www.mangeretgrandir.fr


 
 
 

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